Curé de la paroisse St Martin du Sampzon

Père Wojciech Samuel

tel 06 36 19 11 32, 

wojciechsamuel@gmail.com

prêtre Fidei donum, avec l’accord de Mgr Wiktor Paweł SKWORC, archevêque du diocèse de Katowice est nommé curé de la paroisse Saint Martin du Sampzon.

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Père Wojciech Samuel répond aux questions de Geneviève Chamontin

G : Et vous Wojciech (prononcer Woïtek) vous êtes donc le nouveau curé de la paroisse ; vous êtes prêtre polonais, vous avez 37 ans…

W : Au début, je voudrais saluer cordialement tous les paroissiens. Oui. Je m'appelle Wojciech et je sais que la prononciation de mon prénom peut être difficile pour certains. Ce prénom est très populaire en Pologne, car saint Wojciech (Saint Adalbert de Prague) est le patron principal de mon pays. Il a été évêque de Prague au Xe siècle et est mort en martyr alors qu’il voulait convertir les tribus baltes de Prusse au christianisme. Selon la légende, le duc Boleslas Ier le Vaillant racheta le corps du martyr au prix de son poids en or et le fit ramener à Gniezno pour y être enterré. Voici mon saint patron. 

G : Pourquoi êtes-vous devenu prêtre ?

W : J'ai grandi dans une famille catholique à Chorzów en Haute-Silésie au sud de la Pologne. Ma famille vit dans cette région depuis des générations. C'est une région industrielle. Mon père Zenon est un métallurgiste à la retraite et ma mère Stéphanie a travaillé à l’école primaire comme concierge, elle est aussi retraitée. J’ai deux sœurs dont les noms sont Patricia et Madeleine. La première est mariée et a trois fils, la seconde se marie en octobre. Dans ma maison familiale, il est très important de célébrer le dimanche. Le matin, nous avons prié à l'église pendant la messe et plus tard, nous avons dîné ensemble. L'après-midi nous sommes allés nous promener, nous avons rendu visite à notre famille. Dimanche était un jour complètement différent. Chez moi, nous avons vécu ensemble l'année liturgique. En octobre, nous avons prié le chapelet ensemble dans l'église. Pendant le Carême, nous avons participé tous les vendredis au Chemin de Croix. Pendant l'Avent, j'étais avec des parents tous les matins avec une lanterne à la main à l'église à la messe Rorate pour bien nous préparer à Noël. Ma vocation sacerdotale grandissait lentement. Ce n'était pas une conversion comme dans la vie de saint Paul. Mon premier séminaire était ma famille.

 G : Et pourquoi la France pour exercer votre ministère ?

W : En Pologne, chaque prêtre au début du sacerdoce choisit une phrase de la Bible qu’il veut poursuivre dans sa vie sacerdotale. J’ai choisi une phrase des Actes des Apôtres : « Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Act 1,8). Malheureusement, il y a très peu de vocations sacerdotales en France. En Pologne, pour le moment, nous n'avons pas un tel problème. J'ai été ordonné prêtre en 2008 avec mes 21 collègues. C'est pourquoi l'évêque Jean-Louis Balsa a demandé l'aide de mon archevêque de Katowice. Lors de la messe chrismale en 2017, l'archevêque Wiktor Skworc a invité trois prêtres à aider le diocèse de Viviers. J’ai senti dans mon cœur que c’était une invitation qui m’était adressée.  Je ne suis pas seulement prêtre pour l'église de l'archidiocèse de Katowice, mais pour l'église universelle. Selon ma devise de vie, le Saint-Esprit m'a amené vers vous.

G : Quelles ont été vos premières impressions en arrivant en France ?

W : Le début a été très difficile pour moi à cause de la langue. Je ne parlais pas français avant de venir dans votre, maintenant notre diocèse. C'est une expérience très difficile quand vous voulez dire quelque chose, vous avez beaucoup de pensées dans votre cœur et votre tête, mais vous ne pouvez pas l'exprimer. Nous avons passé 6 mois avec mes amis à l'école de langue à Vichy. C'est plus facile maintenant, mais je ne maîtrise toujours pas votre langue. Veuillez me pardonner que je ferai parfois des erreurs. Malgré les difficultés linguistiques, mon contact avec les paroissiens est très bon dès le début. Mes amis et moi avons été chaleureusement accueillis par l'évêque, les prêtres et les fidèles. Nous sommes souvent invités à déjeuner ou à dîner avec des paroissiens. C'est une excellente occasion d'établir de relations amicales. 

G : En Ardèche, à Annonay, depuis 2 ans avec deux autres prêtres polonais, vous quittez le Nord pour l’Ardèche du Sud bien différente, comment voyez-vous votre ministère ?

W : En Pologne, j'ai été vicaire dans quatre grandes paroisses, j'ai enseigné la catéchèse pendant 10 ans au lycée (en Pologne, la catéchèse est également dans les écoles publiques), j'étais responsable de la pastorale des sourds et de la pastorale des jeunes. Cependant, être curé est une plus grande responsabilité. Pour moi, le sacerdoce est avant tout une relation profonde avec Jésus et son Église. Le curé n'est pas un fonctionnaire. Il doit être le père et le frère des paroissiens, mais il est aussi chrétien avec eux. Nous sommes ensemble sur le même chemin qui mène à la maison de notre Père. En 2006, lorsque j'étais au séminaire, le pape Benoît XVI est venu en Pologne. Lors de la rencontre avec les prêtres et les séminaristes, il a prononcé des mots qui m'ont beaucoup touché : « J'ai plaisir à rappeler l'expérience vécue l'année dernière à Cologne. Je fus alors le témoin d'un profond, inoubliable silence d'un million de jeunes, au moment de l'adoration du Très Saint Sacrement! Ce silence orant nous unit, nous apportant un grand réconfort. Dans un monde où il y a tant de bruit, tant d'égarement, nous avons besoin de l'adoration silencieuse de Jésus caché dans l'Hostie. Soyez assidus dans la prière d'adoration et enseignez-la aux fidèles. Dans celle-ci, les personnes éprouvées trouveront en particulier le réconfort et la lumière. Les fidèles n'attendent qu'une chose des prêtres:  qu'ils soient des spécialistes de la promotion de la rencontre de l'homme avec Dieu. On ne demande pas au prêtre d'être expert en économie, en construction ou en politique. On attend de lui qu'il soit expert dans la vie spirituelle ». C'est pourquoi je veux que la prière soit au centre de notre vie paroissiale. L’Église existe pour annoncer que Jésus a vaincu la mort par sa résurrection. C’est le cœur de son message. «Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, notre foi est trompeuse et nous sommes les plus misérables de tous les hommes.» (1 Corinthiens 15, 14-19). Tout le reste n’en est qu’une conséquence. Seule la rencontre avec Jésus peut faire de nous des frères et sœurs. 

G : Qu’est-ce que vous aimez et quels sont vos loisirs ? 

Ma grande passion est la Bible et la liturgie. Ces deux choses ont façonné ma vocation et ont toujours un impact considérable sur ma vie. J'aime vraiment lire, surtout des livres sur la nature sur les voyages. C'est pourquoi au lycée j'ai choisi une spécialisation en biologie, chimie et géographie. J’aime faire de la randonnée.  J’ai déjà fait quatre pèlerinages avec mon bagage sur le dos. Je suis allé deux fois à la tombe de saint Jacques à Saint-Jacques-de-Compostelle, une fois à Fatima et une fois de La Verna à Assise. Par conséquent, la nomination à notre paroisse Saint Martin du Sampzon est pour moi un énorme cadeau reçu de Dieu.

G : Qu’aimeriez-vous dire aux gens d’ici ?

W : Je suis envoyé dans notre paroisse dans une période difficile pour le monde entier à cause de l'épidémie du Covid-19. De nombreuses personnes éprouvent des difficultés, vivent la solitude et craignent la mort. Notre monde est différent de ce qu'il était avant l'épidémie. Je veux vous offrir les paroles du pape François, qu'il a prononcées le 27 mars lors de la prière sur la place Saint-Pierre: « Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs, des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu : orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais. »

juillet 2020

Paroisse St Martin du Sampzon |  parstmartin@wanadoo.fr  | 

Permanences: Samedi de 9h30 à 11h30; Tel: 04 75 39 79 70
Maison Paroissiale: 1, place du Général de Gaulle; 07120 Ruoms

Presbytère: 9 rue des Tournelles; 07120 Ruoms; Tel: 04 75 39 62 54; 06 36 19 11 32

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